Vendredi 29 février 2008

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"Survivre avec les loups', le livre de Misha Defonseca avait été traduit en 18 langues, puis adapté au cinéma. A la radio, l'auteur expliquait dans une publicité diffusée cette semaine encore, que lorsqu'elle était petite, elle avait avait vécu avec des loups et parcouru 3.000 kilomètres à pied à la recherche de ses parents pendant la Seconde guerre mondiale. Lorsque certains mettaient en doute son histoire, elle s'en disait blessée, prétendant que cette histoire était celle de sa vie. Seulement la dame a craqué, et elle a reconnu hier que cette histoire n'était pas la sienne, qu'elle a tout inventé.

Tromperie, mensonge. Nous sommes face au cas d'un écrivain qui a préféré faire croire que son récit était vrai, plutôt que de le présenter comme une fiction. En trompant le lecteur sur le statut de l'histoire, l'auteur savait que le récit du réel est plus fort que celui de fiction, puisqu'il témoigne du vrai, du vécu. En parlant au nom du réel, Misha Defonseca (qui porte en fait le prénom "Monique") voulait interpeller le lecteur, raconter de vraies émotions, témoigner de l'authenticité d'une belle aventure. Mais son imagination était finalement plus forte que sa vie. Ce que je regrette le plus, dans cette "histoire", c'est qu'elle va accroître encore la méfiance du public envers les récits et leurs auteurs.

par Virginie Spies publié dans : Médias
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Mercredi 27 février 2008

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Aujourd'hui, l'émission de Jean-Luc Delarue, Toute une histoire était consacrée au sujet suivant : "People : leur vie privée nous regarde-t-elle ?". Le plateau était composé de personnes qui étaient non seulement people, mais aussi quelque peu... has been : Diana de l'île de la tentation, Castaldi (le père), Omar Arfouch, Faudel (qui a connu le père Castaldi à Fort Boyard)... Que du beau monde.

Diana a montré les albums-souvenir qu'elle a faits de ses passages dans la presse people. On l'a vue aussi en se faisant photographier sur les champs-elysées pour se faire de l'argent. Et reconnaître qu'elle est une habituée des "fausses paparazzades". De son côté, dès qu'il ouvre la bouche, Faudel donne le nom du livre qu'il a "écrit" et dans lequel il explique à quel point il a eu du chagrin de se faire jeter par tout le monde avoir affiché son amitié pour Nicolas Sarkozy. Castaldi a expliqué qu'il avait fait l'émission de télé-réalité la 1ère compagnie pour exister à nouveau dans le métier. Quant à Omar Arfouch, il a dit qu'il n'attaquait pas les magazines lorsqu'il se retrouvait dedans. Ben oui, il ne va pas scier la branche sur laquelle il est assis. Jean-Luc Delarue quant à lui n'a rien dit sur sa vie de people, et pourtant... Il y avait également le directeur du magazine Ici Paris, qui a expliqué que les "vraies stars du genre Sardou ou Johnny" n'attaquaient pas la presse...

Alors ? People, leur vie privée nous regarde-t-elle ? Bah ce serait bien que ce ne soit pas le cas mais avec ces personnages, même si vous n'avez pas envie de vous intéresser à eux, ils font tout pour que vous soyez au courant de leurs moindres faits et gestes... "Gens connus" est devenu une forme de métier, autrement appelé people. Ces derniers vivent par leur existence médiatique, confondue avec leur vie privée, qu'ils orchestrent pour qu'elle puisse être médiatisable. Un peu comme Nicolas Sarkozy, oui... Sauf que lui, il est censé avoir déjà un boulot...

par Virginie Spies publié dans : People
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Mardi 26 février 2008

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Selon une information révélée par le site du quotidien Le Figaro, ainsi que l'émision + Clair de Canal +, la ministre de la Culture, Christine Albanel, a confié à Christian Spitz, (le "Doc" qui répondait aux questions des jeunes sur Fun Radio), une mission sur l'éducation et la pédagogie des médias. 

Puisque de plus en plus de "psy" (médiatiques) réfléchissent aux médias, j'invite mes collègues, spécialistes des médias, à réfléchir à la psychologie.

par Virginie Spies publié dans : Médias
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Jeudi 14 février 2008

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Nicolas Sarkozy a proposé hier que, à partir de l'année prochaine, chaque élève de CM2 se voie "confier la mémoire" d'un enfant victime de la Shoah. "Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant mort dans la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui", a précisé le président de la République.

S'il est normal et même indispensable que les enfants apprennent l'histoire dans une démarche compréhensive et pour mieux appréhender notre société, je trouve que cette démarche est le symptôme d'un problème inquiétant dont la société française est attente : un excès de personnalisation, un surplus d'émotion. C'est comme si désormais rien ne pouvait exister sans la personnalisation, l'attachement et les larmes. Comme si, sans le pouvoir des sentiments, rien de pouvait être appris, ni compris. La lettre de Guy Moquet témoignait déjà de cela, et nous vivons dans une société qui se fait entièrement contaminer par une logique d'attachement aux images, comme si tout empruntait nécessairement une logique médiatique : parler de la Shoah à travers un enfant, c'est comme parler de l'amour à travers une seule histoire ou d'un fou dictateur exclusivement à travers Hitler. 

Le pouvoir de l'illustration peut mener au risque de la réduction. Nous ne sommes pas loin du jour où les manuels d'histoire ressembleront à la presse people, et où se succéderont des images des victimes, où l'on apprendra ce qu'elles ont pu manger de leur dernier repas... Alors on risquera de passer à côté de l'Histoire, mais on aura ému nos chères têtes blondes qui oublieront vite le nom de la victime qu'ils auront dû apprendre. Non monsieur Sarkozy, tout n'est pas image, tout n'est pas sentiment ni intimité. Et tout ne passe pas forcément par l'émotion et la compassion.

par Virginie Spies publié dans : Vie politique et médias
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Mercredi 13 février 2008

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Le service audiovisuel public est en grève aujourd'hui, pour demander la "pérennité du service public" suite à l'annonce de la fin de la publicité par Nicolas Sarkozy à sa conférence de presse du mois de janvier. Il est question d'une grève sans précédent depuis l'éclatement de l'ORTF en 1974, et le mouvement, prévu pour 24 heures, s'annonce comme suivi.

Le manque à gagner inhérent à la suppression de la publicité est évalué à 1,2 milliards d'euros, et les salariés de l'audiovisuel sont très inquiets, avec l'impression que cette décision a été prise par le Président  de la République aussi vite que le jour où il a décidé d'épouser un ancien mannequin sur un quasi-coup de tête...

par Virginie Spies publié dans : Médias
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