"Survivre avec les loups", au nom du réel

Publié le par Virginie Spies

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"Survivre avec les loups', le livre de Misha Defonseca avait été traduit en 18 langues, puis adapté au cinéma. A la radio, l'auteur expliquait dans une publicité diffusée cette semaine encore, que lorsqu'elle était petite, elle avait avait vécu avec des loups et parcouru 3.000 kilomètres à pied à la recherche de ses parents pendant la Seconde guerre mondiale. Lorsque certains mettaient en doute son histoire, elle s'en disait blessée, prétendant que cette histoire était celle de sa vie. Seulement la dame a craqué, et elle a reconnu hier que cette histoire n'était pas la sienne, qu'elle a tout inventé.

Tromperie, mensonge. Nous sommes face au cas d'un écrivain qui a préféré faire croire que son récit était vrai, plutôt que de le présenter comme une fiction. En trompant le lecteur sur le statut de l'histoire, l'auteur savait que le récit du réel est plus fort que celui de fiction, puisqu'il témoigne du vrai, du vécu. En parlant au nom du réel, Misha Defonseca (qui porte en fait le prénom "Monique") voulait interpeller le lecteur, raconter de vraies émotions, témoigner de l'authenticité d'une belle aventure. Mais son imagination était finalement plus forte que sa vie. Ce que je regrette le plus, dans cette "histoire", c'est qu'elle va accroître encore la méfiance du public envers les récits et leurs auteurs.

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laurent Drancourt 07/03/2008 16:35

C'est bien vu, mais "La revanche d'une blonde" est un exemple du contraire (sans vouloir polémiquer)

V.S. En réponse 05/03/2008 21:58

Il est probable que le personnage qui incarne le mal soit plus "acceptable" lorsqu'il est fictionnel, tandis que pour incarner le bien, on préfèrera un personnage réel, qui permet une plus grande identification...

laurent Drancourt 05/03/2008 20:55

Oui, mais sans vouloir être l'avocat du diable, on a aussi l'exemple du contraire avec "Les bienveillantes" de J. Littell ... L'histoire d'un personnage fictionnel qui incarne le mal s'est beaucoup mieux vendue qu'un récit réel et confessionnel.