Carla Bruni-Sarkozy dans Libération

Publié le par Virginie Spies



Grosse polémique à Libération en ce moment. Samedi dernier, le journal a fait sa couverture sur la première dame de France, avec de nombreuses pages consacrées à une interview exclusive. Depuis, le journal reçoit de très nombreuses réactions négatives sur son site Internet. Les lecteurs qui s'expriment estiment qu'un journal de gauche ne devait pas consacrer autant de pages à Carla, ce qui consiste, finalement pour eux, à "servir la soupe" au Président de la République. Par ailleurs, un journaliste politique de Libé a expliqué ce matin dans "L'édition spéciale" de Canal+ que les ventes du journal ont considérablement augmenté avec Carla en couverture...

Alors, que penser de cette situation ? Se mettre du côté de la majorité des lecteurs du journal, et penser que Libé est tombé dans le piège tendu pour lui par les Sarko-communiquants ? Ou se dire qu'on fond, Libé est un journal comme les autres, qui a besoin de mettre un produit d'appel comme Carla en couverture ? Et si la vérité était ailleurs, et que, par cette action, Libé avait montré que l'on peut être de gauche, tout en s'intéressant à la femme du Président de la République ? On voit bien que le journal créé par Sartre et July souffre d'une crise d'identité qui, entre son histoire politique et la réalité du marché, n'a pas fini de se poser la question de son avenir.

Publié dans Presse écrite

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V.S. En réponse 24/06/2008 08:33

Vous avez raison, Jocelyn, mais il me semble que la crise d'identité dont souffre ce journal n'a rien à voir avec un phénomène de mode autour de la "crise d'identité", car les questions identitaires qui préoccupent la rédactions sont bien réelles. Le côté positif cependant est, bien entendu, que s'il y a une "crise d'identité" c'est qu'il y a encore une identité, ce qui est une bonne nouvelle. Maintenant, concernant l'augmentation des ventes, elle reste toute relative et la survie du journal est loin d'être assurée...

JocelynD. 24/06/2008 04:17

Ce que je peux constater, en lecteur plutôt fidèle de Libé, c’est que ce canard est au centre des débats. Avec leur parti-pris éditoriaux, leurs coups de com’ (je pense par exemple à la pub  "Le 11 avril, Libération est gratuit. Lisez-le vous comprendrez pourquoi il est payant" dans le journal gratuit Métro), aussi par les petits combats sympathiques et surjoués Joffrin/Sarkozy, Libé fait parler de lui. En bien, en mal, d’accord ou pas d’accord, démagogie ou audace, finalement qu’importe. J’aime aussi énormément le fait que Libération joue la carte de la transparence dans leurs débats internes. Bon bien sûr, ça reste de la com’ et personne n’est dupe tout ça tout ça, mais quand même avec Marianne, je ne vois pas vraiment d’équivalent. Sur les vidéos de l'interview dans LibéLabo, la structure de production du journal, on entend le son (amplifié) de manif des lecteurs mécontents devant le journal, les tensions entre salariés sur le choix de cette interview sont étayés dans les éditos et la rubrique « making off ». Le lendemain didier Pourquery, patron de la rédaction, explique à ces lecteur avoir reçu "80 % de réactions négatives" sur le choix Carla Bruni... Ce qui n’à pas empêché Libération d’enregistrer une progression de ses ventes de 43 % sur Paris...Alors bon, Libération est peut-être « en crise d’identité », mais ses ventes sont en augmentation, chose plutôt rare dans le mode joyeux de la PQN. Contrairement à ce que j’entends, je trouve que Joffrin a repolitisé ce journal car sous Juily sur la fin c’était sacrément ronronnant et finalement plus consensuel. Et puis franchement, crise d’identité, ça fait terme passe partout un peu à la mode : la gauche est en crise d’identité, les français sont en crise d’identité, l’Europe est en crise d’identité, l’équipe de France de football, le fromage au lait cru, TF1, Britney Spears, France Télévisions, Carla Bruni aussi tiens, crise d’identité m’a bonn’ dame ! C’est bénéfique la crise d’identité ; perso, je préfère largement les doutes, les plantades, les tâtonnements, les introspections mêmes rudimentaires, que léthargies immuables et prétentieuses. Bon, je dis n’importe quoi là, je devrais aller me coucher.