Quel avenir pour la télévision publique ?

Publié le par Virginie Spies



Hier, la commission Copé remettait son rapport, à la suite de quoi le Président de la République Nicolas Sarkozy a prononcé un discours de cadrage concernant l'avenir de l'audiovisuel public.

A partir de janvier prochain, il n'y aura plus de pub à la télévision publique après 20 heures. Ce sont les opérateurs de téléphonie fixe et mobile, les fournisseurs d'accès à internet et les chaînes privées qui devront payer pour compenser la perte des ressources publicitaires.

Pour le Président, la publicité amenait à une "tyrannie de l'audience". Dès lors,  "en supprimant la publicité, nous voulons donner à la télévision publique les moyens d'une plus grande liberté." La "libération des écrans" aura lieu progressivement, pour devenir totale au 1er décembre 2012. Le parrainage d'émissions restera autorisé, tout comme la publicité sur RFO -qui n'a pas de concurrente privée-, sur les programmes régionaux de France-3, sur internet ainsi que "la publicité d'intérêt général".

Pas évoquée par le président, la redevance n'augmentera pas, "si ce n'est qu'elle sera indexée sur l'inflation", a confirmé Jean-François Copé après le discours présidentiel. En revanche, l'Etat actionnaire versera à France Télévisions, dont les sociétés seront regroupées dans une entreprise unique, une dotation de capital "jamais vue depuis longtemps" de 150 millions d'euros.

Le Président a aussi préconisé de réformer la désignation du président de France Télévisions en la confiant à l'Etat actionnaire. Ce système sera "simple et démocratique", a promis le président : l'Etat désignera le président, le CSA devra donner un avis conforme et la nomination ne sera confirmée que par les députés, à la majorité qualifiée des membres des commissions concernées.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces décisions sont mal accueillies par les sydicats de France Télévision, très mobilisés contre la "déstabilisation du service public". Méfiance également du côté de Bruxelles, où la Commission "n'est pas favorable à un nouvel impôt sur les secteurs qui sont moteurs de la croissance", a fait savoir Martin Selmayr, porte-parole de la commissaire Viviane Reding, en charge de la société de l'information et des médias. La commissaire pointe aussi les efforts de Bruxelles pour faire baisser les prix du téléphone, craignant qu'une taxe française ne vienne ralentir le processus.

Du côté de l'opposition, on parle d'un "grave coup porté à l'indépendance des médias" et d'un véritable cadeau eux chaînes privées.. Et libé titre ce matin avec : "Télé publique : France Sarkovision"...
 

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Icare51 15/08/2008 19:51

Ne soyons pas dupes et ne nous laissons pas entrainer par de faux arguments. Sarko nous a prouvé qu'il est passé maitre dans l'art du mensonge ( rappelez vous la promesse faite sur GDF). Allez, je vous prédis d'ici 2012 la revente d'une chaine publique à un de ses amis pas encore servi dans les médias télévisuels ( ou jsute après sa ré-élection), une main mise sur les lignes éditoriales des chaines publiques restantes (au fait, qui nomme les mebres du CSA sensés donner leur avis sur le président de FT nommé par la Présidence de la République)?Voilà, Sarko, on en a jusqu'en 2017. Avec l'appui de ses amis richissimes pour le financement, la complicité des médias à la solde, vous allez voir un matraquage médiatique en sa faveur à partir de 2010. Histoire de nous faire oublier le fiel qu'il nous oblige à ingurgiter dans ses premières années de règne.Pari tenu?

Colette 27/06/2008 09:48

Et encore une fois la culture est utilisée comme prétexte : parmi la tonne d'absurdités déversée le soir de cette annonce par des membres du gouvernement ou par des membres de la commission, on peut entendre Mr Copé nous expliquer que la suppression de la pub, c'est plus de place pour la culture à la télévision et que c'est "super tout ce qu'on va pouvoir faire". Un raccourci un peu rapide...Par ailleurs, Libération souligne dans le journal daté d'hier une question très juste : la commission a pensé à combler le manque à gagner mais qui a refléchi au financement des programmes qui vont remplacer la pub ??Et puis tiens d'ailleurs, qui a refléchi tout court dans cette affaire?

lola 27/06/2008 07:23

Dans le journal d'Audrey Pulvar sur France 3, elle a parlé d'une lettre confidentielle de TF1 à Sarkozy demandant une deuxième coupure de pub, une lettre adressée quelques jours avant l'annonce de Sarko de supprimer la pub sur France Télé. Pourquoi cette info n'est pas reprise ???