Nicolas et Carla à l'aéroport, en direct

Publié le par Virginie Spies



Une nouvelle mode souffle fort sur les télévisions désormais : c'est la folie du direct pour des événements qui, avant, n'étaient pas couverts par les grandes chaînes.

L'arrivée d'Ingrid Bétancourt, celle du pape aujourd'hui, il faut dire que Nicolas et Carla adorent aller chercher les gens à l'aéroport. Du coup, en retour, les chaînes de télévision (comme France 2 par exemple) adorent les suivre "en direct" sur leur antenne.

- "On voit l'avion atterir... Ah, la porte s'ouvre... Le pape est en train de sortir... Ah, une invitée surprise : la pluie..."

Beaucoup d'informations, il est vrai... Et le discours oral ne fait que commenter ce que le téléspectateur peut voir de lui-même. En plateau, le présentateur ou la présentatrice de service (aujourd'hui Marie Drucker) est entouré de spécialistes de la question : Spécialiste de la Colombie pour Ingrid, spécialiste des religions pour le pape, spécialiste des pâtes Al Dente pour un prochain accueil de Mr Panzani, allez savoir.

On constate que ces deux modes (cette de couvrir l'arrivée d'une personnalité en direct et celle de Nicolas et Carla dans les aéroports) sont tout à fait liées. Le Président Sarkozy fait l'événement, et surtout l'événement médiatique, comme l'observent François Jost et Denis Muzet dans leur ouvrage "Le Téléprésident". Ainsi, ce qui compte pour les médias c'est de suivre cet événement tout préparé pour eux, d'y être, "d'en être", en jouant sur le direct, qui permet de faire croire au téléspectateur que la médiation télévisuelle permet d'être plus proche de la réalité, une réalité pourtant construite par ceux qui nous gouvernent.

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V.Spies en réponse 13/09/2008 15:33

Merci à vos sympathiques messages qui me font très plaisir. Ils m'encouragent à continuer dans ce sens, et à communiquer ces petites analyses, donc à dépasser les frontières de mes livres et des amphithéâtres.

Jo 12/09/2008 22:20

Bienvenue au Pape !.. très bon discours ce midi en tout cas.

Vivien T. 12/09/2008 19:15

J'ai decouvert votre blog il y a peu, je voulais simplement vous dire, et désolé si ça ne fait pas avancer les choses, que c'est un regal chaque soir de venir le consulter, tant un regard critique et plein de cynisme comme le votre est primordial pour avoir une autre vision des mésias.

Jacqueline 12/09/2008 15:52

je viens chez vous grace à l'actualité d'Over blog..et je les remercie.au delà de votre humour (merci !) j'ai retenu votre dernière phrase qui devrait etre diffusée dans tous les foyers !encore merci!trois fois merci!!

V.Spies en réponse 12/09/2008 12:29

Merci pour la pertinence de vos commentaires.Il me semble qu'en effet, ces médias participent à la fabrication de l'événement, ne serait-ce qu'en étant présents, et donc en acceptant de retransmettre ce qui ressemble à une fiction, longtemps préparée à l'avance, et bien scénarisée. Il faut dire qu'on leur offre un casting de choix, et ce n'est pas Christian Salmon (voir son ouvrage "Storytelling) qui me contredira. Par ailleurs, il ne me semble pas qu'il y ait, du moins dans ce cas là, une fonction de filtre comme vous dites, car je n'ai pas noté de fonction critique, du moins jamais durant les retransmissions où, ce qui compte, c'est bien que cela se passe "en direct". Comme si le direct disait toujours le vrai, rien que le vrai.Concernant la radio enfin, toutes les stations ne sont pas épargnées. Europe 1 ce matin a part exemple renoncé à l'émission sur les médias, et JM Morandini a consacré son émission de 11 heures à l'arrivée de Pape. Mais cela n'est pas étonnant, car nous savons que la radio s'identifie de plus en plus au média télévisuel, faisant de constantes références à celui-ci. Le nouveau président d'Europe est d'ailleurs un ancien de Canal +, et tous les animateurs de cette station sont d'abord des animateurs de télévision (Marc O', Drucker, Pradel, Morandini, etc). Donc il arrive également que la radio couvre les événements pourtant d'abord télévisuels. Mais comme nous avons vu qu'à la télévision, l'information visuelle était redoublée par le son, dans le fond, la radio ne loupe pas grand chose, et les auditeurs non plus.