Twestival à Paris : du virtuel au réel

Publié le par Virginie Spies



 

 

19 h 15. Pour une ancienne bikeuse qui a passé de nombreuses soirées avec ses compères de Harley Davidson au Hard Rock Café à Paris, l’occasion était trop belle, pour moi, d’aller jeudi dernier au Twestival. Par chance, j’étais à Paris pour le boulot, il me fallait alors faire encore un peu de "terrain", comme on dit entre chercheurs, et j’étais très curieuse de découvrir ce que pouvait bien être un festival de Twitter. C’était pour moi la promesse d’un lieu de convivialité ou les utilisateurs de twitter étaient invités à se rencontrer.

Je suis arrivée un peu après 19 heures, sachant qu’il ne me serait pas possible de rester longtemps. Des gens sympathiques m’accueillent, tout comme ils accueillent d’autres participants. On me donne un autocollant sur lequel il y a écrit mon twitter-name : @semioblog. Il faut que chacun colle son nom sur sa poitrine. Je me sens comme revenue au « bon vieux temps » du Banana café (ouais, en même temps que ma vie de bikeuse, j’ai aussi fréquenté les nuits du Banana version Tony Gomez-pas-encore-célèbre/Palmade/Bigard jeunes). Un soir par semaine, au Banana, il y avait les soirées P.A. (pour Petites Annonces). Le principe était de mettre sur vous un numéro, et ensuite, quelqu’un qui vous repérait vous adressait un message lu par un gogo dancer. On peut aussi trouver ce genre de soirée dans les clubs med tendances « Les bronzés », bref.

Bon, d’un autre côté, je me dis que c’est un peu normal, cet histoire d’autocollant, comment voulez-vous sinon que les gens se reconnaissent ? Sur Twitter, on n’a pas tous mis notre photos, certains ont fabriqué un avatar, et j’en connais même qui se prennent pour des pots de yaourth ! ;-)

Au fur et à mesure, les gens arrivent, et je constate qu’ils ont tous un point commun avec moi : ils ont, greffé à la main, un appareil mobile, le plus souvent un iphone. Ouf, je ne suis plus seule au monde, je suis au moins comprise par ces aliens qui ont tous en commun d’avoir presque oublié qu’un iphone, ça peut aussi téléphoner.

19 h 40. Le jeune homme assis non-loin de moi à ma droite au bar et en train de twitter sur son ipod touch (j'ai reconnu que c’est un ipod touch, puisque dans l’autre main il a aussi un téléphone). Il n’a pour l’instant personne à qui parler, alors il twitte. Evidemment, ceux qui sont venu entre amis ont un meilleur rôle à jouer, puisqu’ils discutent entre eux, au lieu de bidouiller leur appareil mobile. J’étais déjà fascinée par twitter, mais je le suis encore plus par l’idée de cette soirée, censée rassembler (dans le monde entier, et le même jour), « pour de vrai », des personnes dont le point commun est au minimum ce réseau social.

Pendant que j’écris ces lignes, j’entends des mots dont je ne distingue pas visuellement la source (un peu comme lorsqu’on est sur une plage et qu’on ferme les yeux) : collaborateur, client, réunion, microsoft, bière, iphone 3G, open bar, wifi, etc.

A mes côtés, des twittys qui ne se connaissaient pas jusqu’alors commencent à parler ensemble. On se regarde l’autocollant, on trouve des mots sympathiques à se dire, et on me demande même pourquoi j’écris dans un carnet (c’est vrai que ça paraît décalé, dans notre monde moderne).

Je commence donc moi-même à discuter avec @notpatrick, @simounet et @sabinecoulon, et nous parlons bien entendu de Twitter, de l’info du jour de @korben, ou encore du bug de Google, il y a deux semaines.

20 heures. De plus en plus de personnes au premier étage du Hard Rock Café, l'ambiance monte.

20 h 05. « Moi, je te follow ». Oui, je viens de dire cette phrase bizarre à @Baltasar qui est arrivé. Son avatar étant une vespa, je ne risquais pas de le reconnaître…  Mais la phrase que j'ai prononcée est très étrange, tout de même...

Les discussions continuent, on parle de temps de connections trop longues, on se pose des questions sur les pseudos respectifs, et nous voyons arriver un Môsieur dont l’avatar n’est autre que @lemonde. Je demande à mes nouveaux Twitter-friends s’ils pensent qu'il se prend pour « le monde » en entier, pour alors s’il représente le célèbre journal, c’est bien évidemment la seconde proposition qui est valable. @lemonde interroge @sabinecoulon et lui demande si elle possède un « blog de fille », ce qui m’interpelle toujours, comme terminologie… On y reviendra un autre jour sur le semioblog.

@simounet travaille à l’INA. Je lui raconte que je passe moi-même beaucoup de temps à l’inathèque, pour mes recherches, et que l’INA a co-édité mon dernier livre « Le monde est tout petit ! » me dit-il ! Ben non, c’est le monde de twitter, en fait, qui est tout p’tit… Télévision, amour et réseaux sociaux, tout y passe dans la discussion, et on regarde sur twitter à partir d'un iphone, le profil de la personne avec qui on discute. Eh ouais.

Mais il faut déjà que je file, et je le regrette car cette soirée est amusante. Je salue ces futurs followers, et en quittant la salle du haut du Hard Rock Café, un type qui fait un geste large en expliquant quelque chose me balance sa main dans le visage : PAF ! Je me retourne, et lui, immédiatement, il cache son autocollant pour que je ne sache pas qui il est ! Je lui jure, en plaisantant de ne jamais le follower. Drôle de twitter-world, tout de même.

Le lendemain matin, @sansonnet qui a fait le twestival à Clermont (et qui a été le premier à m’en parler, je l’en remercie), a dit qu’il avait le Twitt de bois, je pense qu’il n’est pas le seul.

Le twestival, un moment où la réalité se rapproche du virtuel ? Je confirme que le mal de tête était réel, et la bonne humeur aussi.

Publié dans Internet

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

mf 22/02/2009 15:17

La chute de ton récit et la péripétie de la main dans la figure me fait penser à la différence fondamentale qui existe entre le référent et la réalité...Comme tu le sais très bien, le référent est perdu dans la réalité, il n'a de sens que désigné par l'instance la plus abstraite -et donc la plus virtuelle aussi- qui soit... un signe. Le réferent réside dans l'entre-deux des mots et des choses, du sémiotique et du réel, et il est toujours enchaîné à son signe. Bref, la main dans le visage, c'était un référent qui s'était déchaîné au sens littéral de son expression symbolique pour se retrouver perdue dans un milieu inconnue : ton visage ! ;-)

Jennifer 20/02/2009 16:20

Ce compte-rendu m'a fait sourire en me faisant repenser à mon premier compte rendu de soirée de blogueurs un "Paris blogue-t-il ?". J'ai raté cet événement et j'en suis d'autant plus déçue en apprenant que vous y étiez ! Mais peut-être à très bientôt pour un prochain event ! @basketsminijupe

Simounet 17/02/2009 15:01

Très intéressant d'avoir ta vision aiguisée de la chose. Ravi d'avoir fait ta connaissance et peut être aurons nous l'occasion de nous recroiser, en tous cas, je vais suivre de près ce blog très intéressant pour un fan de médias comme moi.

Sandrine Plasseraud 16/02/2009 12:22

Merci pour cette belle note ! Très intéressant pour moi de découvrir la soirée via ta note car c'est vrai que lorsqu'on organise on a malheureusement pas le temps de prendre le temps pour parler aux invités :( Heureuse que ca t'aies plu en tout cas ! (J'aime bcp le concept de Twitt de bois !!!)

Sabine 16/02/2009 11:52

C'était un plaisir de te rencontrer. J'espère que l'occasion se représentera ! Bon gris-lundi ;)